Palantir Technologies a élargi son procès jeudi contre deux anciens employés, dont le PDG de leur nouvelle startup d’IA, Percepta AI, alléguant des violations d’accords de non-sollicitation par le débauchage de dirigeants et de développeurs devant le tribunal de district américain du district sud de New York. La plainte modifiée nomme Hirsh Jain, PDG et co-fondateur de Percepta AI, aux côtés de la co-fondatrice Radha Jain et de l’employée Joanna Cohen comme défendeurs. Palantir accuse le trio d’avoir violé ses obligations contractuelles en recrutant du personnel clé de l’entreprise pour créer une entreprise rivale dans le secteur de l’intelligence artificielle. La poursuite détaille les efforts visant à attirer les dirigeants et les développeurs, que Palantir décrit comme une tentative de piller sa précieuse propriété intellectuelle. Cette extension s’appuie sur le dossier initial d’octobre qui ciblait Radha Jain et Joanna Cohen, toutes deux anciennes ingénieurs principaux chez Palantir. Hirsh Jain, qui était cadre supervisant le portefeuille de soins de santé de Palantir, a démissionné de l’entreprise en août 2024. La plainte décrit ses actions dans le cadre d’une campagne agressive visant à solliciter d’anciens collègues pour Percepta. Les preuves citées incluent des messages de novembre 2024 dans lesquels Hirsh Jain a exprimé son intention de cibler les meilleurs développeurs de Palantir. Dans l’un de ces messages, il a déclaré : « Je suis prêt à piller les meilleurs développeurs de Palantir lorsqu’ils sont à leur richesse maximale. » Radha Jain, son co-fondateur chez Percepta, a fait écho à ce sentiment dans une autre communication, écrivant : « Dieu pense au braconnage est tellement amusant. » Ces échanges soulignent la stratégie de recrutement qui, selon Palantir, contrevient directement aux conditions de non-sollicitation signées par les accusés pendant leur emploi. Percepta a déjà intégré au moins dix personnes qui travaillaient auparavant chez Palantir, selon le dossier. Cette frénésie d’embauche est au cœur des allégations de Palantir selon lesquelles la startup exploite ses connaissances privilégiées pour acquérir un avantage concurrentiel. Les accusés se seraient vu confier les actifs les plus sensibles de Palantir, qualifiés dans la plainte de « joyaux de la couronne » de l’entreprise. Il s’agit notamment du code source essentiel aux opérations logicielles, des flux de travail clients détaillés qui décrivent les méthodes de traitement des données et des stratégies exclusives d’engagement client conçues pour maintenir les relations clients et stimuler la croissance de l’entreprise. L’implication de Joanna Cohen suscite un examen particulier dans le cadre du procès. Peu de temps après avoir annoncé sa démission de Palantir en mars 2024, Cohen se serait envoyé des documents hautement confidentiels. La plainte affirme qu’elle a photographié ces documents sensibles et téléchargé les fichiers directement sur son téléphone personnel. De telles actions, affirme Palantir, ont facilité le transfert non autorisé d’informations exclusives en dehors des systèmes sécurisés de l’entreprise. Radha Jain et Cohen, nommés dans la poursuite initiale, ont répondu dans un dossier déposé en novembre en niant les allégations initiales. Dans le cadre de cette réponse, ils ont accepté de cesser de travailler pour Percepta pendant que la procédure judiciaire se poursuit, une concession qui n’a pas stoppé la progression de l’affaire. Le document judiciaire déposé auprès du tribunal américain du district sud de New York souligne le mépris des accusés à l’égard de leurs engagements. Palantir déclare que les anciens employés « ont ouvertement ignoré leurs engagements contractuels et juridiques envers Palantir et ont plutôt choisi la voie de la tromperie et de la concurrence déloyale ». En outre, le dossier accuse Percepta de rechercher le succès « non pas par l’ingéniosité et la compétition à l’ancienne, mais par le vol et la tromperie purs et simples ». Ce langage met en évidence la position de Palantir selon laquelle les pratiques de recrutement et de traitement des données portent atteinte aux pratiques équitables du marché dans le secteur technologique. Percepta AI a fermement démenti ces allégations. Dans un communiqué, la startup affirme n’avoir utilisé aucune information confidentielle de Palantir. La société qualifie le procès de « sans fondement » et critique Palantir pour « avoir choisi des extraits sonores hors contexte ». Percepta affirme en outre : « Palantir ne possède pas l’espace de transformation de l’IA, qui est énorme et en constante évolution. » La déclaration présente l’action en justice comme « la dernière en date des efforts de Palantir pour utiliser des tactiques de peur pour intimider les anciens employés et les empêcher d’innover avec l’IA appliquée ». Palantir n’a pas fourni de commentaire en réponse aux demandes de renseignements à ce sujet. Palantir Technologies, cofondée par Peter Thiel, le PDG Alex Karp et d’autres partenaires, est spécialisée dans les logiciels d’analyse adaptés aux entreprises et aux entités gouvernementales, y compris l’armée américaine. Les plateformes de l’entreprise permettent l’intégration et l’analyse de données pour des opérations complexes. Depuis fin 2023, le cours de l’action Palantir a plus que décuplé, élevant sa capitalisation boursière à environ 450 milliards de dollars. Cette croissance reflète la forte confiance des investisseurs dans un contexte de demande croissante pour ses technologies. En demandant réparation, Palantir demande une ordonnance du tribunal obligeant les accusés à restituer toutes les informations confidentielles en leur possession. De plus, la poursuite exige que les individus s’abstiennent de travailler chez Percepta AI ou chez son bailleur de fonds en capital-risque, General Catalyst, pendant une période de 12 mois après une telle ordonnance. Ces mesures visent à prévenir toute nouvelle utilisation abusive présumée des ressources de Palantir et à faire respecter les dispositions de non-sollicitation.




